Au Parc des Princes lors de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme
- RIZOM

- il y a 2 jours
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Ce que nous avons appris de l’inclusion comme environnement
De la participation structurée par le sport à la question plus profonde de l’expérience vécue, cette journée a montré comment l’inclusion peut être conçue, soutenue et comprise comme une condition humaine plus large, sur le terrain et au-delà.

La journée
À l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme (World Autism Awareness Day), , nous avons été invités au Parc des Princes par Sport & Citoyenneté pour découvrir le programme ONE TEAM, porté par Paris Saint-Germain for Communities. À l’échelle du stade et de ses espaces, nous avons traversé une véritable écologie de l’inclusion.
La journée s’est articulée autour de deux temps étroitement liés.
Le premier était un programme immersif d’activités réunissant près de 1 000 enfants, répartis dans l’ensemble du stade : autour du terrain, dans les coursives, et à travers une diversité d’espaces dédiés au sport, à la régulation sensorielle, au repos, à la créativité et à l’accompagnement.
Le second s’est tenu en intérieur, lors de la conférence ONE TEAM, où ce qui avait été vécu en pratique a été mis en perspective à travers les langages de la méthode, des partenariats, des droits et de l’évaluation de l’impact.
Ces deux dimensions révèlent que l’inclusion ne se surajoute pas. Elle se construit comme un environnement.
Ce qui frappe d’emblée, c’est que l’événement n’a pas été pensé comme une simple manifestation sportive assortie d’adaptations ponctuelles. L’ensemble du Parc des Princes a été conçu comme un espace différencié de participation.
Les activités sportives coexistaient avec des espaces plus apaisés et médiateurs : salles sensorielles, zones de repos, activités pédagogiques, points d’information, dispositifs interactifs, lieux de pause, de mouvement et de retour à l’activité, ainsi que des espaces de convivialité.
Au fil de la déambulation, un point devient évident : la régulation est intégrée au dispositif lui-même. Un enfant peut se retirer, se recentrer, s’activer, s’exprimer autrement ou revenir à l’activité sans être considéré comme en dehors de l’événement. La régulation est contenue dans la participation.
Une inclusion pensée dès la conception
Ce choix de conception est déterminant.
L'environment s'ajuste à l'enfant.
Le retrait n’est pas interprété comme un échec. Le repos ne signifie pas absence. L’intensité n’est pas assimilée à une perturbation. Chaque modalité trouve sa place dans un ensemble plus large où la participation prend des formes et des rythmes multiples. L’environnement offre plusieurs seuils d’entrée dans l’expérience collective.

Au cœur de cet ensemble, le programme ONE TEAM, porté par Paris Saint-Germain for Communities, introduit une innovation structurante : réunir, dès le départ, des enfants autistes et non autistes dans les mêmes séances sportives.
Cette mixité constitue le principe même de la méthode.
Encadré par des éducateurs formés et des partenaires spécialisés, le programme crée les conditions pour que les enfants se rencontrent, s’ajustent et apprennent les uns des autres dans la durée.
L’inclusion devient alors une pratique. Elle s’expérimente et se construit par l’expérience.

Lors de la conférence, cette approche a été explicitée. Routines stables, supports visuels, cadres lisibles, répétition des séquences : autant d’éléments qui permettent aux enfants de se repérer et de s’engager dans un environnement sécurisé.
Une phrase résume cette approche : l’inclusion n’est pas un miracle. C’est une méthode.
Au-delà de la rigueur méthodologique, la dimension émotionnelle est omniprésente. Joie, fierté, confiance, participation ordinaire. L’enjeu dépasse l’accès à une activité sportive. Il touche à l’accès à une vie partagée.
La conférence a également réuni de nombreux acteurs : la naked heart france, Maïa Autisme, Sport & Citizenship, l’État français (Stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement), l’UNESCO (Fit for Life), Tibu Africa, des experts juridiques et une championne paralympique.
Le programme s’inscrit désormais dans une perspective de déploiement international et aux autres sports collectifs.
La question de l'impact
Depuis son lancement en 2024, Sport & Citizenship est chargé d’en analyser l’impact, en combinant approches quantitatives et qualitatives.
Le sourire d’un enfant constitue un premier signal. Les familles et les encadrants témoignent d’évolutions visibles.
Cependant, une question demeure.
Comment accéder pleinement à l’expérience vécue, en particulier lorsque le langage verbal est partiel ou absent ?
Comment rendre compte de la perception, de la surcharge sensorielle, du plaisir, du sentiment de sécurité, de la confiance, du sens ?

Chez RIZOM, nous explorons la manière dont le sens émerge à travers des images, des métaphores, des choix visuels et des relations, en particulier lorsque le langage ne constitue pas le principal vecteur d’expression.
Ce que ONE TEAM rend visible, c’est que l’inclusion peut être conçue comme un environnement. L’enjeu suivant consiste à affiner notre capacité à percevoir et interpréter ce qui s’y joue de l’intérieur.
Cela suppose de nouveaux instruments d’écoute, capables de respecter l’expérience sans la réduire.
Au-delà du terrain
La portée de cette journée dépasse le cadre de l’autisme et de l’enfance.
Elle concerne également les adultes neurodivergents dans les organisations, et plus largement les conditions dans lesquelles chacun peut participer de manière significative dans un monde en transformation.
À l’heure où l’intelligence artificielle tend à standardiser certaines formes de production et de communication, la question de l’inclusion devient centrale.
Les personnes neurodivergentes apportent des modes de perception, d’analyse et de résolution différents. Cette diversité constitue une ressource essentielle pour faire face à la complexité.
Ce que nous avons observé au Parc des Princes en est une illustration concrète.
La participation humaine s’approfondit lorsque les environnements accueillent des rythmes, des seuils et des modes de signification multiples.
Ce principe vaut autant sur un terrain de sport que dans une organisation.
L’inclusion devient alors une condition de résilience.
Le programme ONE TEAM montre qu’elle peut être conçue, structurée et partagée. La prochaine cible consiste à approfondir la manière dont l’expérience vécue peut être perçue et comprise.
C’est là que s’ouvre un nouveau chapitre, pour le sport inclusif comme pour notre compréhension de la participation, de la dignité et de la valeur humaine.





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